Traction animale en montagne

mardi 6 mai 2014
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Je suis arrivé à Listo (64) en mars 2009 , en compagnie de Ttipi etTtapa, deux génisses béarnaises et de Pomponette. (...) J’avais envie de commencer une activité de petite taille afin de me mettre à travailler avec les animaux, d’acquérir de l’expérience pour ensuite envisager une activité à plus grande échelle. (...)
La première saison fut une mise en route de la production de légumes. Les premières mises en culture furent laborieuses. Je disposais de 30 ares. Après quelques passages de canadien au tracteur, Pomponnette a pris le relais et a assuré tout le travail de la saison. Elle était bien éduquée mais ne connaissait pas l’agricole.
Attelés au Kanol, nous fîmes nos premiers passages de trisoc. Avec le temps, on pouvait commencer à percevoir des formes qui commençaient à ressembler à des buttes. Quelques giboulées de neige, jusqu’à fin avril, ont aidé à faire mourir les restes de prairie. Les plantations se firent assez bien, mais les premiers semis n’étaient pas terribles. Il fallut attendre juin ou juillet pour avoir une terre prête à recevoir des carottes ou des betteraves. Elles ne furent pas bien grosses. Je pus commencer le marché à Laruns à partir de juin et fournir une dizaine de personnes à l’AMAP de la vallée, de juillet à janvier. Pendant ce temps, les vaches passaient l’été à l’estive...
Cette première saison m’a surtout permis de me rendre compte de la masse de boulot, des exigences des cultures par rapport au lieu, et bien sûr si je me sentais de continuer.
Pour ce qui est du boulot, Pomponnette a commencé à lever le pied à partir de juillet. Je me suis quand même permis quelques escapades, mais lorsque le jardin me laissait, c’était pour faire du foin ou aller voir les vaches. Ainsi trois meules sont venues de leur hauteur surveiller le jardin. C’est donc intense, mais l’hiver revient pour nous permettre de changer de rythme. Et puis même si la saison demande beaucoup, vivre au rythme des saisons et des animaux compense bien des choses. Je décide de minimiser la production de plants quitte à en acheter car je n’arrive pas à l’assurer.
La production fut modeste, mais je pus me rendre compte de la possibilité de produire des légumes à Listo. J’avais donc envie de continuer, me sentant bien dans ce milieu particulier et n’ayant pas besoin de beaucoup pour vivre. L’hiver revient, et je pus loger les animaux dans une grange que j’ai aujourd’hui achetée. Ttuku, une génisse brune des Alpes est venue agrandir le troupeau.
Cette année, j’ai collaboré avec un ami, Pablo, qui assurait la production de plants et est venu travailler de février à août. La volonté commune était de ne pas se surcharger et de pouvoir prendre du temps. Expérience pour ma part réussie et enrichissante. Cela me confirme la nécessité de travailler à plusieurs en agriculture.
Ensuite, la terre était plus facile à travailler après une année de culture, le travail complémentaire des vaches et de Pomponnette est aussi plus efficace avec l’habitude et l’expérience.
Nouvelle expérience que de dresser des vaches ! Avec en mémoire les deux semaines de stage dans le Tarn chez des paysans aux grands bœufs salers, et des conseils venus d’ailleurs, je commençais en janvier à mettre le joug à ces belles. Une fois accepté l’instrument, les déplacements ne furent pas trop difficiles car je les menais déjà avec une corde. Le plus délicat est la traction. J’ai un canadien à traîneau qui permet de forcer progressivement, sans à coups, de façon à ce quelles gardent une posture correcte. L’attelage au timon n’est pas non plus évident, mais jours après jours, les manœuvres se font de mieux en mieux.
Cet hiver, je vais pouvoir vendre un peu plus longtemps. Le marché progresse assez bien, et je livre maintenant vingt paniers à l’AMAP. Il est déjà temps de penser à la saison prochaine. Mon amie se chargera de produire des plants, et je reste ouvert à partager mon expérience. Je réfléchis donc à laisser de l’espace pour faire plus d’entretien avec les animaux, et peut-être à acheter de nouveaux outils...


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